Déo coco maison : il a tout pour plaire!

Marre des produits cancérigènes? Une protection incroyablement efficace, saine et économique en 5 min à la maison? Par ici !

Dans le commerce…

Tellement efficace que c’est à se demander si les fabricants ne font pas exprès de nous mettre des trucs parfumés mais qui masquent mal les odeurs corporelles pour que l’on s’en applique toujours plus…

Faut dire, c’est un business lucratif : d’après Datamonitor, il se vendait près de 3,5 milliards de déodorants chaque année sur la planète. En 2014, le marché mondial des déodorants devrait atteindre 13,9 milliards de dollars, un truc faramineux en hausse de 17,1% depuis 2009. L’Europe représente à elle seule 48,4% du marché mondial des déodorants. Les Français, leaders européens, utilisent près de 120 millions de déodorants chaque année.

Et alors? Ben, ils sont souvent toxiques.

Des antibactériens oui, mais des parabens?

Transpirer permet au corps de réguler sa température tout en se débarrassant de certains déchets. Qui dit déchet, dit mauvaises odeurs? Pas directement. La sueur apporte nourriture et humidité idéale aux bactéries qui recouvrent en permanence notre peau, et ce sont elles qui émettent les gaz les moins agréables… C’est pourquoi presque tous les déodorants contiennent des bactéricides.

Les plus courants, conservateurs très efficaces et peu chers, car dérivés du pétrole : les fameux parabens! Fréquents dans la composition des cosmétiques et dans l’alimentation, ils sont accusés d’entraîner une hausse du cancer du sein.

Pourquoi ? Dans toutes les études qui ont pu être réalisées à travers le monde, trois raisons ressortent : beaucoup de ces cancers ont été diagnostiqués vers les aisselles, les cellules cancéreuses trouvées contiennent des parabens et enfin, sur certains animaux, les parabens accélèrent la croissance des tumeurs (cette dernière raison est évidemment moins recevable)…

Chaque paraben, utilisé seul, est limité en concentration par la réglementation européenne à 0,4 % du produit fini (calculé en acide parahydroxybenzoïque). En cas de mélange de plusieurs d’entre eux, la concentration maximale autorisée est fixée à 0,8 %.

Quoi d’autre? Ils se trouvent que la plupart des déodorants sont aussi des anti-transpirants qui, eux, bloquent la transpiration. On peut déjà s’étonner du principe à long terme, qui revient un peu à serrer les fesses pour éviter d’éliminer…

Aluminium anti-transpirant

Mais passons, ce qui dérange c’est que cet effet est obtenu grâce à l’aluminium, un métal lourd caché sous des formes très diverses (c’est peu dire!) dans beaucoup de produits : Aluminium chloryde, Aluminium chlorydrate, Aluminium chlorydrex, Aluminium chlorydrex PG, Aluminium sesquichlorydrate, Aluminium zirconium trichlorhydrex GLY, Aluminum zirconium pentachlorohydrate…

Et à cela il faut rajouter l’alternative plus ou moins « bio » des industriels, la pierre d’alun : Alun potassium ou Alun aluminium de son petit nom.

Une alternative qui n’en serait pas une, selon des chercheurs, car d’un point de vue purement chimique, lorsque la peau est humide, le chlorhydrate d’aluminium, comme les aluns, se transforme en hydroxyde d’aluminium, bouchant les pores pour bloquer la transpiration. Mais le lactate, composants acides de la sueur, peut dissoudre une partie de l’hydroxyde d’aluminium, lui permettant alors de traverser la barrière cutanée. Le message clair : chlorhydrate d’aluminium ou pierre d’alun, l’aluminium est susceptible de traverser la peau.

Au passage, petit rappel sur le même principe : pas de mélange acide et chaleur sur vos papiers d’alu pour éviter d’ingérer de trop grandes quantités de ce métal. Une barrière intestinale en bon état (c’est pas toujours le cas…) limitera à 1% environ son passage dans le sang ensuite, faites gaffe quand même.

Vraiment dangereux?

L’agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) s’en tient encore à ses conclusions rassurantes émises en 2011 : ” aucun élément pertinent ne permet de considérer l’exposition par voie cutanée à l’aluminium comme présentant un risque cancérogène “ tout en émettant deux recommandations importantes : limiter la concentration d’aluminium dans les anti-transpirants à 0,6 %, et ne pas les utiliser sur une peau lésée ou irritée.

Problèmes : de plus en plus de personnes se rase pour suivre l’air du temps, et selon Que choisir, les doses d’aluminium sont largement supérieures à 0,6 %. Jusqu’à 25% en fait, maximum autorisé, soit plus de 40 fois plus… cherchez l’erreur!

Au départ, il y avait des études importantes qui ne montraient pas de toxicité significative, mais c’était avant le scandale du Vioxx qui est venu chambouler bonne vielles les règles quasi inexistantes avant de transparence des études médicales.

Études qui n’ont pas empêché André-Pascal Sappino,  médecin suisse spécialiste du cancer, de s’alarmer de l’explosion des cancers du sein et remarquer que 80 % d’entre eux sont situés près de l’aisselle. Depuis 2009, les études inquiétantes montrant un lien particulier avec le cancer du sein s’accumulent. La dernière en date, sortie le mois dernier, bien que statistiquement faible, reste éloquente : «l’utilisation d’un anti-transpirant contenant de l’aluminium – plusieurs fois par jour – sur des aisselles rasées et depuis un âge inférieur à 30 ans, doublerait le risque de cancer du sein» et «les femmes atteintes de cancer du sein avaient une concentration nettement plus élevée d’aluminium dans leur tissu mammaire que les femmes du groupe témoin. Cela était particulièrement vrai chez les femmes atteintes de tumeurs proches de l’aisselle». [1]

Il manque encore une grande étude récente pour une correcte réévaluation de la situation sanitaire sur ce sujet, mais la méfiance est de rigueur.

Mais après tout, c’est pas grave! Car des recettes maison saines sont là ! Et une fois essayées, on ne peut plus s’en passer! Ou c’est du moins ce que vous dira votre entourage proche 😉

La recette en deux coups de cuillère à pot

40% d’huile de coco, vierge et bio de préférence, plus pour son effet bactéricide et figeant à basse température (solide en dessous de 25°C) que pour son parfum sucré, faute de la faire soi-même on fait tourner l’économie de nos voisins du Pacifique!

30% de bicarbonate de soude, super absorbant d’odeur (testez une coupelle dans votre frigo!) et bien toléré. Les peaux les plus sensibles le remplaceront par de l’argile,

20% de farine d’arrow-roots, ou un autre absorbant d’humidité, tel que la fécule de pomme de terre ou la maïzena ( avec un petit bémol en fin de paragraphe).

10 % de cire d’abeille, de préférence locale, c’est pas ce qui manque, pour solidifier le tout à température ambiante et avoir un stick. La crème obtenue sera sinon un peu moins pratique et hygiénique à appliquer avec les doigts.

Quelques gouttes d’huile essentielle. Généralement 5 à 20 gouttes pour 100g de produit final, selon le besoin de l’effet parfum désiré. En général, celle de Palmarosa est très appréciée : agréable, antibactérienne et peu chère. Perso, j’ai fait avec les moyens du bord : 5 gouttes de Tea tree antibactérienne, 10 gouttes de Lavandin super et 1 de Menthe poivrée dont j’apprécie les odeurs et le prix.

Pour le stick, je récupère ceux de 40ml d’un antimoustique bio à base d’eucalyptus citronné, Mosi-Gard, très efficace et vendu en pharmacie (celle de la plage de Magenta notamment…) ou sur internet. Recommandé pour son innocuité sur les enfants et bébés à partir de 30 mois (étant bio et sans autre ingrédient actif je le soupçonne même de pouvoir être utilisé avant), son efficacité est éprouvée dans le Pacifique, sa longue tenue (8h environ) et son odeur agréable en font mon favoris.

1- Placer le(s) stick(s) au congélo 10 min avant,

2- Faire fondre la cire dans un grand bol au bain-marie. Râper ou couper en petits copeaux aide bien. Pour bibi qui est présse, le micro-onde sans récipient plastique, et à puissance modérée pour éviter la surchauffe de certaines parties, convient très bien aussi.

3- Rajouter l’huile de coco, éventuellement à faire fondre en saison fraîche,

4- Rajouter progressivement la farine en battant pour éviter les grumeaux,

5- Rajouter les huiles essentielles,

6 – Bien mélanger et verser le liquide encore tiède dans les sticks tout juste sortis du congélo : le liquide tiède va se figer au contact des parois du stick et ne coulera pas trop au fond dans le mécanisme,

7 – Placer au frigo quelques minutes… Taadaa! c’est prêt!

Pour modifier la recette ou avoir une meilleure texture, vous pouvez refaire fondre à l’envie. Attention de ne pas trop chauffer : à plus de 50°C environ les huiles essentielles s’évaporent rapidement, il faudra alors en remettre.

Pratique lorsque tu n’avais que de la Maïzena sous la main, et qu’au final ça sent un peu le pop corn sous les bras  : tu recycles en rajoutant un peu plus de lavande, et c’est bon 😉

Verdict final

Facile à utiliser et appliquer, c’est son pouvoir absorbant et anti-odeur qui m’a bluffé! Même après un tennis en fin de journée! C’est vraiment cet aspect qui ressort avec les déos du commerce, pierre d’alun comprise.

Seul petit inconvénient pour l’instant : garder le stick au frigo. Un stick me fait plus d’un mois. J’en fais plusieurs à la fois et je veux les conserver longtemps en toute saison en étant sûr que la farine ne va pas fermenter, et avoir toujours la même consistance. Hors du frigo, il se ramollit, et cela crée des petits paquets accrochent aux poils…

Une variante «voyage» est prévue prochainement, avec moins de coco et plus de cire pour que le stick tienne à température ambiante. Beaucoup d’autres sont possibles, j’attends vos résultats en commentaires!

[1] Use of Underarm Cosmetic Products in Relation to Risk of Breast Cancer  : A Case-Control Study“, Linhart, Caroline et al., EBioMedicine, Volume 21 , 79 – 85

2 Commentaires

  1. Kira Nerys

    Pour la farine , j’ai arrêté , trop de fermentation quand il fait chaud . Dommage pas d’hydrolat , l’hamamélis est vraiment top dans les déos . et l’aloe vera aussi =) Je mets du pépin de pamplemousse comme conservateur et il a aussi une action anti bactérienne =)
    Pour avoir un peu de consistance , la gomme guar se travaille facilement.
    On peut aussi mettre un vinaigre de cidre bio, un peu arrangé , sous forme de macérât avec des plantes (thym, romarin , basilic … ) L’avantage d’une préparation un peu épaisse , c’est qu’on peut l’utiliser en roll on , pas de fuite dans les sacs !

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  2. Chatelain

    Je suis pour les plantes produits naturels pour soigner j’ai travaillé dans le milieu pharmaceutique je connais les conséquences

    Répondre

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