Pour un débat sur le calendrier vaccinal de Nouvelle-Calédonie

Discussion et débat autour du calendrier vaccinal

La Nouvelle-Calédonie est compétente en matière de santé. En ce qui concerne le calendrier vaccinal, elle établit ses propres directives, avec des vaccins obligatoires et recommandés, selon l’âge et le contexte épidémique.

Le calendrier vaccinal actuellement en vigeur est disponible sur le site de la Direction des Affaires Sanitaires et Sociales (DASS) (voir le calendrier ici), où l’on apprend que ce dernier est voté par le Congrès de la Nouvelle-Calédonie (et notamment selon deux directives: N°21/CP du 4 mai 2006 et N°45/CP du 20 avril 2011)

D’après les informations de la DASS, le calendrier vaccinal calédonien est établi « en fonction du contexte épidémiologique local et des recommandations du Haut Conseil de la santé publique (HCSP) métropolitain » avec une réactualisation tous les ans.

Toujours d’après les informations disponibles sur le site officiel de la DASS, les recommandations vaccinales seraient appuyées par un collège d’experts qui se réunit une fois par an. La teneur des réunions, les conclusions, les recommandations ainsi que l’ensemble des conflits d’intérêts des membres présents sont inconnus du grand public ou bien non communiqué.

15 injections obligatoires de la naissance jusqu’à 16 ans

Hors contexte épidémique et rattrapage pour certains enfants, un enfant né en Nouvelle-Calédonie devra obligatoirement se faire vacciner contre 10 maladies. C’est 7 maladies de plus soumises à l’obligation vaccinale qu’en France, où théoriquement un seul vaccin est obligatoire, le fameux DTP, pour la dipthérie, le tétanos et la poliomyélite.

Se faire vacciner est un acte médical important. Il implique l’injection d’un produit pharmaceutique qui possède une balance bénéfice/risque particulière, définie par des essais cliniques, des études scientifiques ou bien des expertises collégiales (comme les avis du Comité Technique des Vaccination du HCSP).

En théorie, la vaccination est utilisée pour créer une première réaction de notre système immunitaire face à des versions atténuées d’une maladie, et nous apporter ainsi une protection immunitaire complète et efficace le jour d’un véritable contact avec cette maladie, mais également pour apporter une immunité de groupe, pour l’ensemble de la population ciblée. Pour une maladie donnée, un vaccin peut faire l’objet de rappel, pour stimuler de nouveau le système immunitaire.

Mais voilà, en pratique, tous les vaccins ne sont pas des modèles d’efficacité. Loin de posséder une efficacité de 100%, une grande majorité des vaccins ne vont pas protéger efficacement une partie plus ou moins grande de la population visée. Au niveau de la durée de la protection les doutes sont également légion. Finalement, tous les vaccins ne présentent pas forcément une balance favorable entre les bénéfices et les risques, et tous les vaccins n’ont pas bénéficié d’une expertise scientifique indépendante qui permet de lever les doutes quant à leurs effets indésirables.

Selon de nombreux professionnels de santé, une obligation vaccinale doit être pleinement justifiée par une situation sanitaire d’urgence.

A partir du moment où l’on contraint la totalité d’une population à faire vacciner leurs enfants, au risque de perdre des allocations familiales, d’être interdit d’accès aux crèches et aux établissements scolaires, et d’être poursuivi en justice par la brigade des mineurs en risquant au maximum 7 ans d’emprisonnement et le retrait de l’enfant. De fait, ces obligations de soins doivent être pleinement justifiées par nos autorités sanitaires, et notamment calédonienne.

Voilà l’objectif de cet article, et des nombreux qui vont suivre :

Discuter, vaccin par vaccin, de la balance bénéfices/risques à la lumière des preuves scientifiques et des consensus d’experts, en fonction de notre contexte épidémiologique, des caractéristiques particulières de la population calédonienne, de son emplacement géographique dans l’océan Pacifique, et des risques liés aux maladies visées.

Ce document et cette réflexion que nous mettons sur la place publique doivent servir à créer un débat citoyen et scientifique sur les particularités de notre calendrier vaccinal, qui, soyons clair, sont extrêmement contraignantes pour les libertés de tous les citoyens de la République Française en Calédonie, qu’ils soient de droit civil ou coutumier.

Vous l’aurez compris, il n’est absolument pas question ici:

  • de remettre en cause les bienfaits et l’intérêt de la vaccination
  • de nourrir des intérêts cachés « anti-vaxx » qui fleurissent sur la toile
  • de créer une défiance malsaine et infondée de la population calédonienne envers la vaccination

Non. Il est absolument important de discuter ouvertement d’une directive qui va à l’encontre des libertés individuelles. Il est absolument important que notre calendrier vaccinal soit pleinement et publiquement justifié par nos autorités. Spécialement dans un contexte de méfiance de plus en plus prononcée de la population envers les vaccins, principalement à cause des scandales et du manque de transparence.

Nous le rappelons, toute obligation de soin, par la vaccination notamment, doit être justifiée par une situation sanitaire d’urgence. En toute transparence et indépendance.

C’est bien seulement à ce prix que le citoyen pourra accepter pleinement son traitement avec son «consentement libre et éclairé» comme le stipule bien le code de la santé publique dans son article L1111-4 (modifié par LOI n°2016-87 du 2 février 2016 – art. 5.). Ainsi, selon le texte, « aucun acte médical ni aucun traitement ne peut être pratiqué sans le consentement libre et éclairé de la personne et ce consentement peut être retiré à tout moment. »

Cette longue introduction est indispensable, car dès que l’on souhaite parler des vaccins, et que l’on ose remettre en cause leurs biens fondés, les critiques pleuvent, parfois sans argument pertinent ou scientifiquement fondé. L’objectif est bien sûr d’éviter de tomber dans le dogmatisme. Vous allez notamment découvrir que nos autorités de santé calédonienne ne sont pas des modèles d’exemplarité en matière de communication, de transparence, et de remise en question. Tous les faits sont présentés.

Quels vaccins ont déjà été discutés ?

  1. Découvrez ici notre débat sur le BCG, utilisé pour lutter contre la tuberculose et les formes graves qui peuvent apparaître chez l’enfant de moins de 5 ans.

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